Contractuellement, la salariée est dans une situation de subordination. Elle est aussi, la plupart du temps, économiquement dépendante de son travail. Dans ce contexte de contrainte économique, les violences sexuelles portent atteinte non seulement aux droits fondamentaux à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité physique et psychique de la personne mais également à son droit à l’égalité professionnelle et plus largement à son droit au travail.

Quelle est la réalité des violences sexuelles sur le lieu de travail en France ?

Quantitativement

Nous ne disposons pas, en France, d’étude sérieuse et récente sur la fréquence de ces violences. Les ordres de grandeur varient entre 19 % de femmes victimes ou témoins de harcèlement sexuel (sondage Louis Harris de 1991) et 40 % (sondage européen). Dans certains pays de l’union européenne, les chiffres atteignent 60 %.
Ces écarts s’expliquent sans doute par des différences de définition mais aussi par une conscience plus ou moins précise de ces droits et de sa liberté notamment sexuelle. Il est fréquent, lorsque nous organisons des formations, que des personnes réalisent après des années qu’elles ont subi (ou subissent) un harcèlement sexuel ou d’autres violences. La tolérance de notre société à l’égard de ces violences brouille les repères des victimes.

Qualitativement

Parmi les femmes reçues à l’AVFT, environ 14 % sont victimes de viol, 56 % d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel, 20 % de harcèlement sexuel et 10 % de discriminations liées au sexe.