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Condamnation pour agressions sexuelles du sénateur-maire de Neuilly-sur-Marne : la commission des conflits du Parti Socialiste est saisie. L’AVFT demande à être auditionnée.

2017-07-03T17:03:55+00:00 6 juin 2011|, , |

CAMPAGNE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES ET SEXISTES COMMISES PAR DES ÉLUSNous avons appris par un article de Lénaig Bredoux publié dans Médiapart le 2 juin que Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, avait le 27 mai saisi la commission des conflits(1) dudit parti afin qu’elle se prononce sur l’exclusion ou non du sénateur-maire, suite à une lettre de Benoit Hamon et Gaelle Lenfant, respectivement porte-parole et secrétaire nationale adjointe aux droits des femmes du PS. Ceux-ci estiment dans cette lettre que « Les actes de Monsieur M – et sa condamnation pour agressions sexuelles qui en a résulté – sont de nature à porter préjudice au Parti »(2) (Cf. article de Médiapart).

Nous apprenons également que la commission des conflits, dont le rapporteur est un ancien directeur de cabinet de J. M, ne se contentera pas d’une condamnation judiciaire définitive revêtue de l’autorité de la chose jugée pour statuer, et qu’elle a prévu d’entendre J. M. et les « plaignants ».

Nous soulignons la tardivité de la réponse du PS, fruit de la pression médiatique actuelle, après des années de silence. En outre, Mme S., victime des agissements de J. M., refuse à juste titre d’être auditionnée par cette commission : « Je n’ai plus à me justifier, j’ai affronté des années de procédure, je me suis battue pour que justice soit rendue sans que personne au PS ne se soit manifesté pour moi. C’est trop tard ».

Enfin, les partis politiques ne peuvent pas à la fois refuser de se prononcer sur le sort de leurs élus quand la justice n’a pas encore statué de manière définitive (« la justice est saisie »; « respect de la présomption d’innocence ») et décider de refaire une enquête quand une décision judiciaire est intervenue.

Ajout au 8 juin 2011 : Gaëlle Lenfant nous alerte ce jour sur une confusion par rapport à l’identité des « plaignants » que la commission des conflits auditionnera, mentionnés dans l’article de Médiapart. Il ne s’agit en réalité pas de Mme S. et de Mme B., les deux femmes qui ont porté plainte contre JM, mais de Benoît Hamon et d’elle-même, à l’origine de la procédure interne au PS. Il n’est donc pas question que Mme S. soit entendue par la commission des conflits. Nous nous réjouissons qu’il ne s’agisse que d’un malentendu désormais dissipé et que des responsables du PS soient enfin les « plaignants » dans cette procédure, ce qui est cohérent avec la position qu’ils ont prise en estimant que la condamnation de JM leur portait préjudice.
Par ailleurs, Gaëlle Lenfant nous informe que l’association Ni Putes Ni Soumises a organisé hier une manifestation devant le siège du PS pour demander l’exclusion de JM, en se prévalant du communiqué de presse de l’AVFT. D’une part nous n’avons pas été informées par NPNS de l’organisation de cette manifestation qui est désormais de notre point de vue superfétatoire, d’autre part nous ne rejoignons pas le mot d’ordre de cette association puisque nous ne demandons pas l’exclusion de JM du PS, cf. infra
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L’AVFT, quant à elle, demande à être auditionnée pour répondre aux allégations de manipulation de la victime, présentée par l’attachée parlementaire du sénateur comme « une pauvre femme complètement manipulée » (Cf. article déjà cité).

Pour rappel : l’AVFT est une association indépendante de tout lien avec les partis politiques. Ainsi est-elle intervenue ou a-t-telle soutenu des femmes ayant été victimes de violences sexuelles commises par des élus de tous bords politiques : UMP, PC, PS, ou maire sans étiquette. L’association ne peut donc être soupçonnée d’agir en fonction d’intérêts autres que ceux des victimes.

Pour précision : Si l’AVFT demande la condamnation pénale des mis en cause et des sanctions administratives à l’encontre d’élus condamnés pour des violences sexuelles (révocation des mandats de maire, de parlementaire), elle ne formule pas de demande d’exclusion aux partis politiques. Nous les interpellons pour qu’ils fassent connaître aux femmes, hommes, citoyennes et citoyens, électrices et électeurs, leur position sur la question des élus auteurs de violences sexuelles. Il leur appartient en effet de déterminer si une condamnation d’un des leurs pour des violences sexuelles est compatible avec l’appartenance à leur parti et aux valeurs que celui-ci véhicule.

Contact :
Marilyn Baldeck
Déléguée générale
Tél : 01 45 84 24 24

Notes

1. L’actualité médiatique rend possible l’impossible : si la commission des conflits n’avait jusqu’alors pas été saisie, c’est parce que, nous disait-on au PS, les statuts du parti ne le permettaient pas.

2. Cette lettre fait suite à l’interpellation de Benoît Hamon le 6 avril 2011 par l’AVFT lors d’une réunion sur l’égalité femmes/hommes au siège du PS.

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