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Réponse de l’AVFT au directeur général de l’INSEP

2017-05-10T14:15:34+00:003 juillet 2013|, , |

Jean-Pierre de VINCENZI
Directeur Général
INSEP
11, avenue du Tremblay
75012 PARIS

Paris, le 2 juillet 2013

Monsieur le directeur général,

C’est avec plaisir que nous allons publier votre « droit de réponse » sur notre site Internet.

Celui-ci appelle d’ailleurs quelques observations :

Vous « regrette[z] que pour la rédaction de cette lettre », nous n’ayons pas « pour permettre la diffusion d’une information contradictoire, pris contact avec la Direction de l’INSEP ». « Cela [nous] aurait notamment permis », poursuivez-vous, « de disposez d’éléments d’information et d’appréciation sur les missions confiées à l’établissement et son organisation ».

Il est cependant utile de rappeler la forme du texte que nous avons publié : il s’agit d’un portrait d’une sportive de haut niveau, adhérente de notre association et s’entraînant à l’INSEP depuis plusieurs années, relatant de manière anonyme par crainte de représailles, le climat sexiste, connoté sexuellement, voire des violences sexuelles dont elle a été témoin au sein de l’Institut.

Il ne s’agit donc en effet pas d’une enquête contradictoire, que nous n’avons ni les moyens ni même le droit de réaliser. Quoi qu’il en soit, quel type d’ « information contradictoire » aurait permis de contredire ce vécu ?

Nous avons en revanche la possibilité, cela est même de notre responsabilité, de relayer la parole d’une femme victime de ces agissements, qui estime qui plus est qu’ils ont directement impacté ses résultats sportifs, afin de créer une brèche dans l’injonction faite aux victimes de faire silence sur leur vécu.

Vécu dont l’expression n’a d’autre objet que de provoquer une prise de conscience et des réponses adéquates.

En guise de réponse, vous présentez les « missions prioritaires » de l’INSEP – « la santé des personnes et le respect de leur intégrité physique et morale » – ainsi que la mise en œuvre en 2012-2013 « de temps d’information et d’échanges autour de la thématique « sport de haut niveau et contraception » ou encore une sensibilisation, effectuée par le Centre Régional d’Information et de Prévention du SIDA (CIRPS), sur le thème « vie affective et vie sexuelle ».

Nous notons que la prévention des violences sexuelles dans le sport n’a pas été mise au programme en 2012-2013 (sauf à considérer qu’elles font partie de « la vie affective et sexuelle », ce qui soulèverait bien entendu une autre série de questions). Peut-être ce sujet a-t-il néanmoins été traité les années précédentes ? Nous nous interrogeons car vous restez totalement silencieux sur l’objet du texte que nous avons publié : les violences sexistes et sexuelles dans le sport de haut niveau.

La sensibilisation au respect du corps, de l’intégrité psychique et sexuelle des individu.es, aux définitions données par la loi aux différentes formes de violences sexuelles, à commencer par le harcèlement sexuel, est pourtant une exigence minimale quand on accueille des sportifs.ves – « 555 » précisez-vous, « 355 internes dont 141 mineur(e)s », sous l’autorité d’entraîneurs dont ils.elles dépendent largement.

Plusieurs associations spécialisées et agréées « organismes de formation » par l’Etat sont en mesure de réaliser ce type de sensibilisation. C’est le cas par exemple du Collectif Féministe Contre le Viol ou de l’AVFT.

Ceci est une lettre ouverte.

Veuillez agréer, Monsieur le directeur général, l’expression de nos salutations distinguées,

Sophie Péchaud
Présidente

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