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La Chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a prononcé une interdiction d’exercice d’un mois à l’encontre du responsable du centre de planification et d’éducation familiale de Dinan, lui reprochant une « relation intime avec une patiente en état de fragilité psychologique » Mme O., elle, dénonçait des viols

2017-05-10T13:31:17+00:003 octobre 2014|, |

En 2011, Mme saisissait l’AVFT de viols commis par son gynécologue.

En 1999, le Dr. B., gynécologue de Mme O depuis huit ans, lui conseille de prendre un avis médical auprès d’un confrère au sujet de l’état de santé de son père.

A la sortie de cette consultation médicale qui a bouleversé Mme O, le gynécologue lui demande de passer à son cabinet. Reconnaissante pour ce médecin, elle accepte.

C’est dans cet état d’extrême vulnérabilité qu’il lui impose des pénétrations sexuelles. Mme O., dépossédée de son libre arbitre, subit ces agissements comme un automate.
Pour leur donner l’apparence d’une relation consentie, le Dr. B. ouvre une bouteille de champagne.

Mme O. décrit ensuite un véritable lavage de cerveau l’empêchant d’imposer sa volonté, tel que le décrivent souvent les femmes victimes de violences sexuelles commises par des professionnels de santé.

Fort de cette emprise, le Dr. B. impose pendant deux ans des « rapports sexuels », dans son cabinet, à sa patiente alors qu’elle a les pieds dans les étriers.

Puis pendant huit ans, ils vont faire « vie commune ». Mme O. continue à vivre de nombreuses violences de la part du Dr B.

En 2008, Mme O. se sauve du domicile du Dr. B.

Quand elle se décide à agir, la prescription l’empêche de porter plainte pour viols (les actes imposés au cabinet médical).

Elle engage néanmoins une procédure pour agressions sexuelles et violence psychologique pour la période la plus récente, qui est toujours en cours et saisit la Chambre régionale de l’ordre des médecins de Bretagne.

Celle-ci inflige un blâme à M.B au motif que celui-ci « entretenait un jeu de séduction à l’égard de Mme O. depuis quelque temps, a profité d’un moment de fragilité de sa patiente pour débuter une relation sexuelle dans son cabinet à l’occasion de ce qui doit être regardé comme une consultation ».

Saisie d’un appel du Dr B., la Chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a alourdit cette sanction et a infligé à M.B un mois d’interdiction d’exercice de la médecine car il «  a débuté une relation intime avec Mme O. alors qu’elle était encore sa patiente et en état de fragilité psychologique, que ce comportement à lui seul constitue de la part du Dr B., un manquement à ses obligations déontologiques justifiant une sanction disciplinaire ».

La chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins emploie donc une contradiction dans les termes : tout en admettant l’état de vulnérabilité de la patiente, exclusif d’un consentement libre et éclairé aux actes sexuels imposés par le Dr. B., elle qualifie lesdits actes de « relation intime », expression appartenant au registre des relations égalitaires aussi bien que réciproques, ce dont il n’est point question dans les agissements dénoncés par Mme O.

Les enquêtes de victimation font apparaître, les unes après les autres, que le secteur médico-social est un de ceux dans lequel les violences sexuelles sont les plus nombreuses. Le nombre de femmes saisissant l’AVFT pour mettre en cause des médecins, des kinésithérapeutes, des anesthésistes, des ostéopathes, des gynécologues, des infirmiers… est en miroir de ces enquêtes.

La sanction dérisoire du Dr. B est loin de contribuer à y mettre un terme.

Cette sanction a pris fin le 30 septembre. Le Dr B. a donc pu reprendre son poste au centre de planification familiale qui, selon un article du journal dinan.maville.fr de mars 2011 « s’adresse en premier lieu aux jeunes filles mineures ou aux femmes en précarité, dans le cadre d’une information sur la sexualité et la régulation des naissances ».

Contact : Emmanuelle Cornuault. 01 45 84 24 24.

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