Violences sexistes et sexuelles dans les milieux du cinéma, de l’audiovisuel et du jeu vidéo : lancement d’un programme de formation assuré par l’AVFT, pour le compte du CNC

La question des violences sexistes et sexuelles au travail a pris une place grandissante ces dernières années dans l’agenda médiatique. L’automne 2017 a connu une nouvelle montée en puissance de cette thématique dans l’espace public, avec l’émergence du mouvement mondial #Metoo (et son avatar #balancetonporc en France), dans le sillage de l’affaire dite “Weinstein”, ancrée dans le secteur du cinéma. Cet agenda a été réactivé par le témoignage et les analyses politiques de l’actrice Adèle Haenel.

Depuis, ce “chœur” des femmes ne s’est plus éteint. Dernièrement, les projecteurs médiatiques ont été braqués sur le secteur du jeu vidéo.

Si aucun milieu professionnel n’est indemne de violences sexuelles, les secteurs de l’audiovisuel, du cinéma et du jeu vidéo multiplient les facteurs de risque : fonctionnement endogamique, précarité des statuts (free-lance, salarié.es intermittent.es du spectacle), forte imbrication des sphères personnelle et professionnelle, grande asymétrie des pouvoirs, passion des métiers, sentiment “d’immunité artistique”, familiarité des rapports sociaux, isolement et en même temps promiscuité (notamment sur les lieux de tournage), culture virile (particulièrement dans le secteur du jeu vidéo) etc.

Le CNC offre l’opportunité aux employeurs de ces secteurs de se former.

Forte de 35 ans de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail, de milliers de victimes soutenues et de centaines de formations réalisées, initiatrice de modifications législatives et jurisprudentielles déterminantes, l’AVFT assurera ces formations, avec l’appui du cabinet ACCORDIA. La première d’une longue série de formations – environ 90 – a eu lieu ce matin.
Ces formations sont illustrées par les analyses des principales intéressées (merci à elles !) des leviers de soumission propres à leur milieu professionnel, sous la forme de vidéos produites par l’AVFT.

Analyse des facteurs de risques dans les milieux du cinéma et de l’audiovisuel par des techniciennes de plateau

Un programme pertinent et précurseur

L’AVFT a décidé de soumettre un projet au CNC(1) :

– Car il s’inscrit dans un projet global. Une cellule de soutien psychologique -notamment une cellule “emprise” – et juridique, financée par le ministère de la culture et assurée par AUDIENS, a été mise en place.

– En raison de son caractère structurant. S’il existe des exceptions, les secteurs bénéficiaires du programme de formation sont pour l’essentiel composés d’entreprises de très petite taille, qui ne bénéficient pas de l’appui de services dédiés (RH/services juridiques) pour être à jour de leurs obligations légales en matière de prévention du harcèlement sexuel, dont ils ne sont pas exemptés. Ces formations permettront aux employeurs d’avoir toutes les cartes en main pour ensuite mettre en œuvre une politique de prévention adaptée aux particularités de leur secteur (notamment sur les tournages).

– Parce qu’à compter du 1er janvier 2021, le CNC conditionnera l’octroi des aides à l’inscription et au suivi de la formation assurée par l’AVFT.

Le CNC est la première administration publique à franchir ce pas en France.

À notre connaissance, aucun mécanisme comparable dans les secteurs du cinéma et du jeu vidéo n’existe ailleurs dans le monde. Il constitue donc un exemple à suivre.

Contacts :

Marilyn Baldeck (marilyn.baldeck@avft.org)
Vesna Nikolov (vesna.nikolov@avft.org)

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