Le 8 mars (et tous les autres jours de l’année), luttons contre les violences masculines !

Avec le score historique du parti d’extrême droite en Allemagne aux dernières élections législatives, la nouvelle victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines, la banalisation du discours d’extrême droite en France favorisée par le gouvernement actuel, le fascisme connaît une montée fulgurante et mondiale.

Cette montée du fascisme cible en première ligne les femmes, personnes étrangères et les minorités de genre. Elle menace nos droits par des politiques régressives, liberticides, et met en péril l’avenir des associations féministes.

Depuis le mouvement MeToo, médiatisé en France en 2017, l’AVFT – comme de nombreuses associations féministes – ne cesse d’alerter les pouvoirs publics quant à l’augmentation des saisines et la difficulté de mener à bien nos missions sans plus de moyens. Mais quelle est la réponse du gouvernement à cette vague de prises de parole des femmes victimes de violences masculines au travail ? Des logiques d’accès aux subventions toujours plus libérales ! Alors même que le cœur de notre objet social est de faire avancer les droits des femmes, et que nous exerçons une mission de service public, nos missions sont entravées par un gouvernement qui s’en fiche.
Comment en serait-il autrement quand le Président de la République va jusqu’à défendre publiquement Gerard Depardieu, mis en cause -entre autres- pour violences sexuelles, prétendant qu’il “rend fière la France”. On ne compte plus les casseroles des ministres et anciens ministres (François Bayrou, Gérald Darmanin, Eric Dupont Moretti, Damien Abad, …) et les prétextes pour les maintenir à leurs postes.
On n’en attendait pas beaucoup du gouvernement actuel, ni des précédents, mais on est quand même déçues.

De l’autre côté de l’échiquier politique, ce n’est pas mieux. Les différents partis de gauche affichent un discours « féministe », mais se donnent pour mission d’ignorer les signalements ou de réhabiliter des hommes mis en cause pour des violences sexuelles et sexistes en usant des mêmes prétextes que leurs opposants politiques :

Julien Bayou, ancien député et porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts, a été soutenu par des militants malgré des plaintes classées sans suite pour harcèlement moral et abus de faiblesse.
Adrien Quatennens, ancien député de la France Insoumise, condamné pour violences conjugales, a réintégré la France Insoumise après une suspension de quatre mois.
Éric Coquerel et Thomas Portes, tous deux députés Insoumis, continuent à occuper leur mandat sans être inquiétés malgré une plainte pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel à l’encontre du premier et une saisine de la cellule VSS de la France Insoumise en 2022 à l’encontre du second.

A droite comme à gauche, aucun parti politique ne défend les intérêts et les droits des femmes.

De même, les syndicats se montrent peu investis aux côtés des travailleuses victimes de violences sexuelles au travail, prétextant par exemple que cela va à l’encontre de leur rôle si leur intervention a pour conséquence le licenciement de l’agresseur. Est-ce étonnant quand, au sein même des syndicats, les violences masculines restent largement impunies ?

Enfin, on attend toujours de leur part des prises de positions fermes en matière de lutte contre le proxénétisme (1) et un soutien aux femmes mises en prostitution. Ces dernières années, les partis politiques et les syndicats ont relégué ce sujet au second plan et lorsqu’il est évoqué, les organisations n’ont tellement plus aucune boussole idéologique et féministe que ce sont les éléments de langage des proxénètes qui sont repris. Or, tant que des femmes seront mises en prostitution, ici et ailleurs, les droits de toutes seront entravés.

Nous, salariées et bénévoles de l’AVFT, serons dans la rue le 8 mars pour manifester pour les droits des femmes, pour la pérennisation des associations féministes et contre la montée de l’extrême droite.

Venez manifester avec nous, au départ de Paris – Place de la République, à 14h.

L’équipe de l’AVFT

Notes

Notes
1Comprenant à la fois toute forme de mise en prostitution des femmes qu’il s’agisse des hommes qui ont recours à la prostitution ou de ceux tirant un bénéfice de l’exploitation sexuelle des femmes
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