L’AVFT a reçu la confirmation écrite de l’octroi d’une subvention de 600 000 francs pour 1997, dont le montant est en recul par rapport à 1996.

A plusieurs reprises, l’AVFT avait informé Madame Couderc, Ministre déléguée à l’emploi, chargée des droits des femmes, qu’une somme de 940 000 francs était nécessaire pour assurer le maintien de ses activités, rémunérer ses salariées et prendre en charge les frais de fonctionnement incompressibles de la permanence (loyer, téléphone, frais postaux, frais de constitution de partie civile et d’avocats).

Or, non seulement, cette diminution empêche l’AVFT de recruter une personne sur un poste vacant, mais elle l’oblige à diminuer les temps de travail sur les trois autres postes occupés.

L’AVFT, amputée du tiers de ses postes, est contrainte d’établir une liste d’attente pour traiter les nouvelles plaintes dont elle est saisie, au moment même où les demandes d’intervention des personnes victimes de discriminations et d’agressions sexuelles sur leur lieu de travail augmentent.

La diminution de la subvention de l’AVFT est injuste et inquiétante en ce qu’elle traduit l’absence de volonté politique d’aide efficace aux personnes victimes de violences sur leur lieu de travail. L’AVFT n’accepte pas ce choix politique. Elle maintient donc sa demande initiale et réitère son souhait que les critères d’affectation des subventions aux associations soient rendus publics.

La Ministre a justifié la diminution de la subvention par le “contexte de maîtrise des dépenses budgétaires”.

Cet argument n’est ni économiquement recevable, ni politiquement acceptable.

 Nous estimons à 1 million de francs le coût financier de 10 situations de violence au travail, pris en charge notamment par les ASSEDIC et la Sécurité sociale. En effet, dans 4 cas sur 5, les personnes victimes d’agressions sexuelles sur leur lieu de travail sont licenciées ou démissionnent. Dans la plupart des cas, les médecins prescrivent des arrêts maladie, voire des hospitalisations, un suivi psychologique pour permettre aux femmes de surmonter l’agression.

Or, le budget étatique consacré aux droits des femmes -comprenant la lutte contre les violences-est dérisoire : 79 Millions de francs, soit 0,005% du budget global de l’État.

 L’argument “de (la) maîtrise des dépenses budgétaires” est politiquement inacceptable alors que chaque année, en France, des millions de femmes sont l’objet de violences, d’agressions et d’assassinats.

La violence à l’encontre des femmes est une violation des droits de la personne. Elle est une conséquence des rapports d’inégalité entre les sexes. Sans la tolérance sociale qui l’entoure, celle ci ne pourrait avoir l’ampleur qu’elle connaît aujourd’hui.

Pour que cesse l’inacceptable, l’AVFT attend du gouvernement qu’il se donne -enfin- les moyens conceptuels, institutionnels, financiers et associatifs pour mener une politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

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