Le Tribunal correctionnel de Créteil saisi d’une plainte pour violences sexuelles au travail

Le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles dénoncés sont représentatifs des violences sexuelles subies par les femmes sur leur lieu de travail.

Recrutée par la société Brink’s en avril 2002, Mme M. est affectée au secrétariat de M. G., directeur adjoint de l’agence dans laquelle elle travaille, début 2003. En juillet 2003, elle devient son assistante personnelle. A partir de ce moment, M. G. exerce sur sa subordonnée une pression sexuelle constante.

La stratégie mise en ?uvre par M. G. est semblable à celles rencontrées par l’AVFT dans ces dossiers :

? M. G. a man?uvré pour que Mme M. soit affectée à son service direct.

? Il a exercé à son encontre un harcèlement sexuel non verbal, verbal et physique caractérisé par :

 des regards déshabilleurs sur les fesses et la poitrine

 des immixtions dans sa vie privée : « as-tu un copain? », « aimes-tu les vieux ? » ou encore à son retour de vacances « tu t’es tapée un black ? »

 des confidences imposées sur sa vie intime lorsqu’il était GO au ?Club Med’ et « qu’il baisait des vieilles pleines de fric qu’il emmenait dans une grotte ».

 des remarques sur son physique : « j’aime tes gros seins et ton p’tit cul, t’es bonne tu sais », « tu sais que tu es belle et bonne » et aussi « tu ne t’habilles pas assez sexy ».

 des propositions sexuelles explicites : en référence au ?Club Med’, « je vais t’emmener à la grotte poulette !», « tu ne veux pas que je te pulvérise ? » mais aussi “il te faut un homme d’expérience comme moi”, “je vais te montrer ce qu’est la vie » et lors de la préparation d’un voyage à la Réunion : “si tu viens, je ne réserve qu’une chambre, qu’est-ce que tu vas prendre!”

? A plusieurs reprises, il a agressé sexuellement Mme M. en lui imposant des attouchements sur sa poitrine.

? Lorsqu’il apprend l’existence du compagnon de Mme M., il exerce des représailles à son encontre :

 cantonnement à des tâches inintéressantes

 -refus de lui adresser la parole, insultes, dénigrements ( « ferme ta gueule, sale pute », « tu vas pas me faire chier »)

 isolement de la collectivité de travail

Après 18 mois de souffrances, Mme M. dévoile ces violences au syndicat FO qui l’accompagnera dans ses démarches notamment auprès de l’employeur.

Ce dernier ne prendra aucune mesure conservatoire afin qu’elle puisse travailler dans des conditions respectueuses de son intégrité physique et psychique, si ce n’est une mutation imposée à Mme M.

Après deux mois d’arrêt maladie, et face à l’inertie de son employeur, Mme M. dépose une plainte le 20 mars 2005.
Suite à une enquête préliminaire efficace, M. G. est mis en garde-à-vue le 23 août 2005 et il avoue l’intégralité des violences.

M. G. est alors renvoyé devant le Tribunal correctionnel.

L’AVFT regrette que M. G. soit renvoyé devant le Tribunal uniquement pour harcèlement sexuel alors qu’il aurait dû être poursuivi également pour agressions sexuelles.
Nous attendons du Tribunal une juste appréciation de la gravité des violences, de leurs conséquences professionnelles et personnelles pour Mme M., et une réparation adéquate des préjudices subis.

L’AVFT sera partie civile aux côtés de Mme M.

L’audience aura lieu à 13h30
11e chambre du Tribunal correctionnel de Créteil
Rue Pasteur Valery-Radot – Métro : Créteil préfecture

Contact : Emmanuelle Cornuault 01 45 84 24 24

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