Nous intervenons dans une nouvelle procédure dans laquelle la personne mise en cause est un maire.
Jusque là, cela n’a malheureusement rien d’original.
Ce qui l’est, en revanche, c’est que l’AVFT a été saisie par un comité de soutien de victimes déjà constitué.
C’était à l’occasion d’un colloque dans lequel nous intervenions. Les membres du comité du soutien nous avaient remis un dossier comprenant notamment une « déclaration commune de certaines femmes ayant porté plainte et de ceux qui les ont soutenues » qui se terminait ainsi : « Organiser des colloques c’est bien, lire des discours où il ne manque pas une virgule c’est très bien, mais concrètement on fait quoi ? ».
Dans la grande majorité des « dossiers » dans lesquels nous intervenons, nous déplorons l’absence de soutien des victimes par leur collectif de travail, parfois par leurs amis ou familles.
La solidarité -du fait de femmes comme d’hommes- qui s’est exprimé et continue de s’exprimer autour des victimes du maire de cette commune de Picardie est exceptionnelle.
Une des victimes nous a dit : « Cette pourriture m’aura au moins permis de rencontrer des gens super »; « Depuis, on s’entraide, on est devenu amis, et c’est pas seulement autour de cette histoire de violences, c’est aussi pour tout le reste ».
Et bien sûr, l’existence du collectif de soutien change tout pour les victimes, qui se sentent suffisamment fortes et entourées pour aller jusqu’au bout des procédures. Certaines femmes victimes, qui se taisaient depuis des semaines ou des mois, ont pu parler grâce au collectif car elles savaient que leur parole y serait accueillie avec bienveillance et compréhension.
Merci à elles et eux.