Droits de l’homme

Les féministes sont généralement moquées et leurs analyses niées quand elles revendiquent une égale visibilité des femmes et des hommes dans le langage (et notamment la féminisation des noms de métiers, la reconsidération de la règle selon laquelle “le masculin l’emporte sur le féminin”), au motif qu’il y aurait “des choses plus importantes”, “plus graves”, et qu’il n’y aurait pas de temps à perdre avec de telles vétilles.

Outre qu’une lutte ne peut se segmenter (lutter pour la parité en politique mais ignorer le combat contre les violences, lutter contre les violences et écarter la question de la prostitution, lutter contre les stéréotypes sexistes et négliger de repenser un langage qui cristallise et perpétue la domination masculine etc.), le refus d’adapter le langage à la réalité peut conduire à des absurdités sémantiques qui traduisent et entretiennent des absurdités conceptuelles.

Nous avons reçu la semaine dernière un appel d’offre de la Mairie de Paris relatif à la “prévention et l’accompagnement des agents de la Ville de Paris en cas de discrimination ».

L’article 1 du règlement de la consultation précise son objet : (…) Considérant que la violence sexospécifique est probablement la forme de violation des droits de l’homme (avec un petit “h”) la plus honteuse, un dispositif est mis en place destiné à prévenir, identifier et traiter exclusivement les actes de violence envers les femmes, répondant ainsi à une résolution de la Commission des Droits de l’Homme (cette fois avec un grand “H”) de l’organisation des Nations Unies en faveur de l’élimination de la violence faites aux femmes.
L’objectif est de prévenir les actes de harcèlement, de discrimination homophobe et de violence en favorisant l’information des agents de la Ville de Paris et celle des agents féminins
(…)”.

Si on retient bien la leçon de cet article :

  • Les violences sont solubles dans les discriminations.
  • Soit les “discriminations” sont une catégorie générique des “violences” et des “actes de harcèlement”, soit tous ces termes sont totalement équivalents et interchangeables.
  • Les violences “sexospécifiques” (donc faites aux femmes) sont une sous-catégorie des droits de l’Homme et même de l’homme.
  • Les femmes sont victimes d’un concept, “la violence », et non de violences.
  • Les violences faites aux femmes sont tellement “honteuses” que le langage (“Droits de l’homme”) les masquent.
  • Si l’on comprend l’objet de la consultation, il concerne exclusivement les femmes victimes de “violence », “discriminations” ou d'”actes de harcèlement ». Les discriminations “homophobes” mentionnées sont donc en réalité des discriminations lesbophobes. La lesbophobie est donc un sous-produit de l’homophobie.

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