A la RATP, la répression contre les salariées victimes de violences sexuelles est systémique.

Avft c la ratp

Le 21 janvier 2026, l’AVFT apprenait que Xavier Piechaczyk, alors candidat proposé par le président de la République au poste de président-directeur général de la RATP, déclarait publiquement devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat : “Je vais aussi m’engager (…) personnellement pour lutter contre les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports en commun. La parole s’est libérée ; et c’est tant mieux, et nous devons être à la hauteur de cette parole, en formant les salariés d’abord, en écoutant mieux les victimes, et en dissuadant mais aussi en réprimant les auteurs.

Cet engagement porté publiquement nous conduit à nous interroger : les salariées de la RATP font-elles partie des femmes exposées à des “atteintes sexuelles (…) dans les transports en commun” qu’il s’agirait de “mieux écouter” ? Dans le cas contraire, de quelle façon la RATP entend-elle lutter contre les violences sexuelles commises exclusivement à l’encontre des voyageuses, tout en refusant de sanctionner les salariés mis en cause pour de tels faits commis à l’encontre des salariées, a fortiori lorsqu’ils ont la responsabilité d’assurer la sécurité des voyageuses ?

Pour rappel, seulement 11% des femmes déclarant avoir déjà été victimes de violences sexuelles dans les transports en commun d’Ile-de-France se sont confiées à un ou une agent.e RATP

Depuis 2010, l’AVFT a été saisie à de multiples reprises par des femmes salariées de la RATP qui ont subi sur leur lieu de travail des faits de violences sexuelles. Elles ont toutes contacté l’AVFT alors qu’elles avaient signalé les faits, et que la RATP n’a pas pris les mesures qui s’imposaient pourtant à elle et notamment : mettre en oeuvre des mesures de protection à l’égard de la salariée victime, diligenter une enquête, tenir la salariée informée du déroulement de l’enquête, accompagner la salariée dans ses démarches, s’assurer que la salariée ne subit pas de représailles de la part du collectif de travail, et enfin, sanctionner le salarié mis en cause.

A la RATP, cette mécanique de protection, de réaction et de sanction qui résulte simplement de son obligation de sécurité, semble grippée. L’AVFT a régulièrement alerté la RATP, de 2014 à 2020, face à ses manquements graves à son obligation de sécurité et de l’impunité grandissante que ses manquements entraînent.

Parallèlement au traitement indigne réservé aux victimes, la RATP fanfaronne : sur son site internet, elle dédie une page au recrutement “au féminin”, indiquant que “la RATP encourage l’accès des femmes à tous ses métiers, en particulier ceux vers lesquels elles ne s’orientent pas spontanément comme la conduite, la maintenance ou la sûreté”, rend publique une note relative à la politique sur l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes du 26 mai 2025, dans laquelle elle inclut la lutte “contre toutes les formes de violences et contre le harcèlement moral et sexuel au travail”, indique placer “l’humain” au centre de son code éthique dans lequel on y lit que les femmes et -peut-être surtout- les hommes sont le “bien (sic) le plus précieux”.

Pourtant, en 2024, l’AVFT est de nouveau saisie. Fatiha A, agente de sûreté, a subi des faits d’agressions sexuelles, de harcèlements sexuel et moral, commis par son supérieur hiérarchique. La RATP, bien loin “d’encourager” Fatiha A à se maintenir à ce poste vers lequel les femmes “ne s’orientent pas spontanément”, lui demande plutôt de “s’adapter à un monde d’hommes”, la déplace, la sanctionne, tandis que l’agresseur ne fait l’objet d’aucune sanction. 

Si la RATP indique se préoccuper du sort des usagères et des violences sexuelles qu’elles subissent, précisant que “6 500 agents sont mobilisés pour accueillir les voyageurs qui déclarent avoir été victimes de violences sexistes et sexuelles. Ces personnes sont chargées de recueillir les faits, de prévenir si nécessaire les secours et d’accompagner les victimes au dépôt de plainte. Parmi eux, 1 000 agents de sécurité sont mobilisés et prêts à intervenir sur le terrain à tout moment.”, elle ne semble faire aucune connexion logique entre la sécurité, c’est-à -dire la protection des voyageuses et ses propres pratiques, en l’occurrence, refuser de sanctionner un agent de sécurité mis en cause pour de tels faits.

Cette connexion logique, ce sont les usagères qui en parlent le mieux. 

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Parce que nous ne voulons plus de cette violence, en tant que salariée ou usagère des transports en commun, rassemblons-nous contre l’impunité, en soutien aux victimes de violences sexuelles. 

Interpellez la RATP sur ses réseaux sociaux et son site internet, en taguant l’AVFT. 

Nous vous tiendrons informé.es des futures actions, notamment judiciaires. 

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