M. Lamour, ministre des sports, maintient, en dépit des engagements formels de son cabinet, sa décision de ne pas renouveler le contrat de Catherine Moyon de Baecque

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (Envoyé à l’AFP 3 mai 2004)

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L’AVFT dénonce la position du ministère des sports (dépêche AFP du 23 avril 04) selon laquelle «le contrat de Catherine Moyon de Baecque ne serait pas renouvelé”.

Ces propos sont en contradiction avec les engagements pris le 23 avril 04 par le cabinet de M. Lamour par la voix de Mme Bayre : “je veillerai à ce que Catherine Moyon de Baecque ne se retrouve jamais sans contrat” en présence de M. Clémençon, directeur de cabinet du président du Comité National Olympique et Sportif Français et de l’AVFT.

Il lui avait en outre été assuré que son contrat de travail au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports serait prorogé jusqu’à ce qu’une reconversion professionnelle conforme à ses attentes et à ses qualifications lui soit proposée.

Les 23, 24 et 25 avril 04, à l’occasion de la 6ème conférence européenne “Femmes et sport” officiellement ouverte par Mme Ameline, ministre à la Parité et à l’Egalité Professionnelle et par M. Lamour, ministre de la Jeunesse et des Sports, l’AVFT avait informé l’ensemble des participant-es à cette conférence de la scandaleuse situation de Catherine Moyon de Baecque, première sportive de haut niveau à avoir dénoncé les violences sexuelles dans le sport.

Pour la première fois depuis le lancement de la campagne de soutien à Catherine Moyon de Baecque, le 6 mars 2004, cette dernière avait alors été reçue par Mme Bayre et par M Clémençon. Lors de cet entretien de 45 minutes, elle a rappelé les engagements pris par les représentants de l’Etat à son égard et réitéré sa demande d’une solution juste et digne.

L’AVFT dénonce en outre l’analyse du ministère selon laquelle : “il n’est pas pour autant question de la laisser tomber. (…) Nous allons l'(y)aider” (dépêche AFP), qui est hors de propos : Catherine Moyon de Baecque ne demande ni charité ni pitié ni aide mais le respect de ses droits et des garanties qui lui ont été données.

Un tel jugement perpétue la violence institutionnelle dont Catherine Moyon de Baecque est l’objet depuis qu’elle a dénoncé les agressions sexuelles.

L’AVFT dénonce enfin l’affirmation fallacieuse “qu’il vaudrait mieux qu’elle travaille hors du milieu sportif contre lequel elle nourrit encore de la ranc?ur et dans lequel elle se sent encore agressée “.

A 26 jours de la fin de son contrat de travail, la situation professionnelle de Catherine Moyon de Baecque est à ce jour toujours inchangée.

L’AVFT réitère donc ses demandes :

-La régularisation immédiate de la situation professionnelle de C. Moyon de Baecque,

-La signature d’un contrat à durée indéterminée, à temps plein, correspondant à ses qualifications, à compter de mai 2004,

-La reconnaissance officielle par l’Etat de ses responsabilités à l’égard de C. Moyon de Baecque.

-La mise en place d’une politique effective de lutte contre les violences sexuelles, sexistes et lesbophobes dans le sport.

Rappel:

Le chef de cabinet du ministre des sports M. Lamour avait informé le 21 janvier 2004, C. Moyon de Baecque du non-renouvellement de son contrat après mai 2004.

Pour mémoire, en 1991, C. Moyon de Baecque, lanceuse de marteau, a été violée et agressée par plusieurs membres de l’équipe de France, encouragés par l’entraîneur national, lors d’un stage d’athlétisme. Les agresseurs ont été condamnés par la justice en 1993 et 1994. En guise de réparation des préjudices subis par C. Moyon de Baecque – notamment en raison de la complicité de l’encadrement de la Fédération française d’athlétisme – et afin qu’elle ne subisse pas, en outre, une exclusion du milieu sportif du fait des violences exercées à son encontre, les ministres des sports successifs se sont engagés à lui garantir un emploi.

Il s’avère que depuis son embauche par le ministère des sports en 1996, tout a été mis en ?uvre pour contraindre C. Moyon de Baecque à quitter son emploi:

-Ses compétences, sa connaissance du milieu sportif et ses qualifications (Bac +5) n’ont jamais été reconnues. Elle a été exclue de toutes les initiatives du ministère concernant «les femmes et le sport», ses fonctions n’ont jamais été définies, son indice (340, catégorie D) est juste au dessus de celui des “conducteurs d’automobile”, son salaire est de 1171 euros net.

-Sa précarité a été institutionnalisée. Et elle a dû se battre pour obtenir le renouvellement de ses contrats de travail au nombre de dix d’une durée variant de 3 mois à 2 ans.

-Ses conditions de travail ont d’emblée visé à sa mise à l’écart ; elle a toujours travaillé dans un environnement hostile et a été – pendant toutes ces années – l’objet de nombreuses agressions et humiliations.

Celles-ci se sont aggravées avec l’arrivée de M. Lamour : saccage de son bureau régulièrement fouillé, fils du téléphone et de connexion à Internet arrachés. Ces violences ont été portées à la connaissance du ministre par plusieurs lettres. En vain.

Depuis le déménagement récent du Ministère des Sports, elle ne dispose pour tout mobilier que d’un téléphone posé à terre.

Ses noms et fonctions ont disparu de la majorité des documents administratifs et officiels du ministère.

Son salaire du mois de janvier 2004 ne lui a pas été payé, sans aucune explication, ni lettre d’information.

Enfin, après toutes ces années de lutte, elle est informée que le ministère a décidé de ne pas renouveler son contrat de travail en mai 2004.

Les agresseurs de Catherine Moyon de Baecque ont, eux, pu poursuivre leur carrière sportive et ont même été choisis pour représenter la France aux Jeux Olympiques (Cf. communiqué de presse AVFT à l’AFP du 15/09/00).

Historique de la campagne : www.avft.org

Contact: Catherine Le Magueresse,
AVFT, Tel : 01 45 84 24 24 – Fax : 01 45 83 43 93 – www.avft.org
BP 60108 75561 Paris cedex 12.

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