Quelle légitimité ?

Entre autres journaux, le Monde du 7 décembre nous apprenait que Pascal Dumay, le directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris(1) a été suspendu car il est soupçonné d’avoir téléchargé des images pédopornographiques, faits pour lesquels il sera jugé par le Tribunal correctionnel de Versailles le 22 janvier prochain.

Rares sont les mesures, même de suspension(2), prises à l’encontre de personnes poursuivies pour des agissements ou violences à caractère sexuel, par respect -envers et contre tout- d’un principe de présomption d’innocence rarement ou jamais articulé aux droits des victimes.

Ainsi connaissons-nous quelques élus, dont un sénateur, qui n’ont fait l’objet d’aucune sanction, administrative ou politique, alors même qu’ils étaient poursuivis pour des violences sexuelles (voire déjà condamnés par des juridictions correctionnelles de premier et deuxième degré).

Ce qui est extraordinaire, dans cette mesure de suspension, est qu’elle a été prise par un homme, Frédéric Mitterrand :

  • Qui a publiquement reconnu avoir eu recours à des prostitués lors de voyages en Thailande, dont rien ne dit (sauf lui) qu’ils aient été majeurs.
  • Qui, en tant que ministre de la Culture, a sans aucune distance protesté contre l’incarcération en Suisse du cinéaste Roman Polanski, en vue de son extradition vers les Etats-Unis pour y effectuer la peine prononcée contre lui quelques trente ans auparavant pour des violences sexuelles sur mineure. Violences, dont, faut-il le rappeler, la réalité ne pouvait faire débat puisqu’elles ont été reconnue par R. Polanski. Un homme qui lui a apporté son soutien sans réserve.
  • Qui, alors qu’il était directeur de la Villa Médicis à Rome, a écrit au président d’une Cour d’Assises pour apporter son témoignage de moralité au sujet de deux jeunes hommes qui allaient être jugés pour des viols en réunion (et finalement condamnés), allant jusqu’à s’engager à faciliter leur réinsertion en leur offrant la possibilité d’effectuer un stage à la Villa Médicis.

Notes

1. Poste attribué par décret du président de la République.

2. La suspension n’est pas une sanction, mais une mesure conservatoire qui ne prive pas celui qui en est l’objet de son salaire. Elle ne peut excéder 4 mois.

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